Pasteur Patrick KAPLO

Quel est ce lieu pour lequel nous aspirons par le vœu « Que ton règne vienne » ? Un nouveau monde ? Un Éden retrouvé ? Quand viendra-t-il ? Et que ferons-nous alors de cette terre que Dieu a donnée en partage à tous les hommes ? Dès qu’il s’agit du royaume de Dieu, les questions se bousculent de la même manière qu’elles agitaient l’esprit de ceux qui entendaient la prédication de Jésus. Ils cherchaient des signes avant-coureurs, impatients d’en finir avec ce monde de corruption, de misère et d’injustice. Ils voyaient déjà tout le people d’Israël rassemblé dans ce domaine royal. Toutefois, ils s’interrogeaient sur ce royaume à travers lequel Jésus constatait déjà la pré¬sence au milieu d’eux. L’agir de Dieu que les Évangiles nous racontent en images et en pa-raboles donne lieu à un beau conflit d’interprétation. Le règne est-il présent ou futur ? Ici ou ailleurs ? Intérieur ou extérieur ? Personnel ou collectif ? Dans la ligne de l’accomplissement ou de la rupture ? Comment rendre palpable et visible ce règne en Afrique ? D’abord, nous devons faire la distinction entre royaume et règne. Le royaume, c’est l’espace où le roi exerce son pouvoir. Le règne, c’est l’ensemble des activités du roi au sein de son royaume.

La ve¬nue du Règne de Dieu est le contenu même de l’Évangile. C’est ce qu’annonce Jésus lors de ses déplacements galiléens « … il me faut annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé » (Luc 4, 43) ; c’est encore l’essentiel de la mission qu’il confie à ses premiers disciples : « … Et dites aux gens le Royaume de Dieu est tout proche de vous » (Luc 10, 8-9). Ainsi, lorsque Jésus annonce la venue du Royaume de Dieu, il annonce que Dieu étend son activité sur tous ceux que le Christ rejoint. Quand on voit les drames qui se produisent dans le monde et en Afrique en particulier on peut se demander si Dieu règne vraiment, ne fut-ce qu’un peu ? Ne nous a-t-il pas abandonné ? Et lorsque l’on considère le faible impact de l’Église dans ce continent, le problème d’une véritable chrétienté se pose.

Au regard de la recrudescence des maux sociaux tels que corruption, dépravation des mœurs, retard économique et éducatif, guerres, conflits intertribaux, on est en droit de demander si la chrétienté africaine est authentique en d’autres termes l’Africain a-t-il vraiment reçu l’Évangile. Et si le Règne de Dieu y est présent Pourquoi l’Afrique tarde-t-elle à décoller ? Pourquoi toute sorte de souffrances ? Pourquoi le peuple croupit-il sous le poids des tensions, de la misère, du sous-développement ? Le déficit chronique de chrétien d’impact est-il un problème d’homme ou de méthode ? Quel est le rôle du chrétien dans l’excellence en leadership ? Mes questions sont un peu provocantes, j’espère ce¬pendant qu’elles nous aideront à mieux entrer dans la prière de Jésus, c’est-à-dire, à vouloir de toute notre force comme quelque chose d’infiniment désirable que le règne de Dieu arrive dans ce merveilleux continent. Alors si tel est notre désir profond, c’est donc sans crainte que nous prions en disant « que ton règne vienne » en Afrique ou en reprenant la finale de l’apocalypse « Maranatha, viens Seigneur Jésus ».

Mission Néhémie se présente comme expression du royaume de Dieu en Afrique en ceci qu’elle est une initiative visant à susciter, bâtir et équiper les chrétiens africains à l’engagement pour un leadership excellent, efficace et transformationnel par la promotion de l’intégrité capable de sortir l’Afrique de l’obscurantisme et promouvoir un réel développement sur les principes et valeurs bibliques pour une Afrique émergente et prospère.

Editorial

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